Ce que « dofollow » veut vraiment dire
Quand un éditeur vous vend un « lien dofollow », il vous vend en réalité l'absence d'une annotation. Un lien HTML transmet du signal d'autorité par défaut. Le terme dofollow n'existe que comme négatif du nofollow : c'est le lien qu'on n'a pas bridé. Pour un consultant qui pilote du netlinking depuis dix ans, cette nuance n'est pas de la pédanterie, elle change la manière de lire un profil de liens et de négocier avec un éditeur.
Concrètement, en 2026, le réflexe « je veux du dofollow » est trop grossier. Ce qui détermine la valeur d'un lien, c'est sa place dans le texte, la cohérence thématique de la page qui le porte, et le fait que Google ait choisi de le suivre puis de l'attribuer. Le statut rel n'est qu'une des variables, et plus la plus déterminante. C'est exactement la logique qu'on applique quand on construit une campagne sur une stratégie de liens calibrée dans le temps plutôt qu'un empilement de liens suivis achetés au volume.
L'attribut qui n'existe pas
Ouvrez n'importe quelle documentation HTML ou la spec du WHATWG : vous n'y trouverez jamais rel="dofollow". Les valeurs reconnues côté moteur sont nofollow, et depuis 2019 sponsored et ugc. Un lien sans aucune de ces valeurs est, par construction, un lien suivi. Le mot dofollow est une invention de la communauté SEO du milieu des années 2000, popularisée par les plugins WordPress qui permettaient de « dé-nofollow-er » les commentaires. Il a survécu parce qu'il est commode à l'oral, pas parce qu'il décrit une réalité technique.
Cette confusion a des conséquences opérationnelles. On voit régulièrement des fiches produit de plateformes qui cochent une case « dofollow » comme s'il s'agissait d'un réglage actif, alors que c'est l'état par défaut. À l'inverse, certains éditeurs croient « offrir » du dofollow alors que leur thème injecte un rel="ugc nofollow" sur tous les liens sortants des articles invités. La seule vérité, c'est le code source rendu, pas le bon de commande. Pour comprendre l'envers de ce statut, l'entrée le lien nofollow et ce qu'il bloque vraiment est le complément direct de celle-ci.
De la directive à l'indice : le tournant 2020
Le vrai basculement n'est pas technique, il est interprétatif. En septembre 2019, Google annonce sur le Search Central blog l'introduction de rel="sponsored" et rel="ugc", et surtout que nofollow devient un « indice » (hint) et non plus une directive stricte, pour le ranking à partir du 1er mars 2020. Traduction pour un opérateur de réseau : Google se réserve le droit de suivre un lien annoté nofollow s'il le juge pertinent, et de ne pas attribuer un lien parfaitement dofollow s'il le juge artificiel ou non pertinent.
Cela vide en grande partie de son sens le binaire dofollow / nofollow comme critère d'achat. Un lien éditorial contextuel en nofollow sur un média d'autorité peut envoyer plus de signal qu'un lien dofollow noyé dans un footer de site fermé. D'après ce qu'on observe en audit, le statut rel pèse de moins en moins face à la qualité de placement et à la fraîcheur d'indexation de la page source. Le débat « est-ce que les nofollow comptent » est devenu secondaire : la question utile est « est-ce que Google a indexé la page, et a-t-il attribué ce lien ».
Où le dofollow compte dans une campagne
Le dofollow garde de la valeur, mais pas là où les débutants le cherchent. Il compte quand il accompagne un placement contextuel propre : un lien suivi, dans le corps d'un article thématiquement aligné, sur une page indexée et maillée en interne. C'est cette combinaison qui transmet de l'autorité, pas la case rel prise isolément. C'est pourquoi un lien posé en plein cœur du contenu vaut structurellement plus qu'un lien suivi en pied de page.
Dans une opération de netlinking sérieuse, on ne demande pas « combien de dofollow », on demande où, dans quel contexte, sur quelle page, avec quelle ancre. Chez Stringer, les 28 médias opérés en propre posent des liens éditoriaux suivis par défaut parce qu'ils sont éditoriaux, pas parce qu'on a coché une option : la transparence vient du fait que vous voyez la page, l'URL et le placement avant l'achat, via les médias accessibles sans intermédiaire ni commission cachée. Le dofollow est la conséquence d'un placement honnête, pas un argument commercial.
Les erreurs qu'on voit en audit
La première erreur, massive, c'est le profil 100 % dofollow. Un site qui n'accumule que des liens suivis, sans le moindre nofollow, sponsored ou ugc, présente un graphe anormal. Aucun profil de liens organique n'est purement suivi : les citations Wikipedia, les liens de réseaux sociaux, les mentions presse en sponsored, les commentaires, tout cela génère naturellement un mix rel. Forcer le 100 % dofollow, c'est fabriquer un footprint. La diversité de statut fait partie intégrante d'un profil crédible, au même titre que le fait de varier ses textes d'ancre.
Deuxième erreur : confondre « lien dofollow » et « lien qui transmet ». Un lien suivi sur une page non indexée ne transmet rien, point. Une page orpheline, en noindex, bloquée au crawl ou simplement jamais découverte par Googlebot, annule le bénéfice quel que soit le statut rel. On voit des campagnes entières dont 30 à 40 % des liens dofollow vivent sur des pages que Google n'a jamais mises en cache. Troisième erreur : acheter du dofollow sans regarder l'ancre ni le contexte, et se retrouver avec un lien suivi en ancre exact-match dans un article hors-sujet, ce qui est plus risqué qu'un nofollow propre.
Ce qu'un SEO en fait concrètement
D'abord, on vérifie le statut réel dans le HTML rendu, pas dans le bon de commande : un coup d'oeil au code source, ou un crawl Screaming Frog / un export Ahrefs qui distingue follow et nofollow. Ensuite, on vérifie l'indexation de la page source : site: ou l'inspection d'URL de la Search Console restent les contrôles de base. Un lien dofollow non indexé est un lien mort.
Côté pilotage, on cesse de raisonner en quota de dofollow et on raisonne en qualité de placement et en rythme. Un profil sain mélange les statuts rel sans qu'on ait à le scénariser à l'excès, simplement parce qu'on s'approvisionne à des sources variées : médias éditoriaux, presse, mentions, contenus sponsorisés assumés. Quand on intègre des contenus rédactionnels sponsorisés correctement déclarés, on les annote en sponsored sans complexe, parce que c'est conforme et que ça contribue à un mix naturel. Le dofollow n'est plus l'objectif, c'est un sous-produit d'un sourcing propre. Et c'est précisément la posture qui distingue un opérateur senior d'un acheteur de volume.